Je croyais ma voix capable de tout

Vraiment ? Peut-être à juste titre parce que c’était le cas … jusqu’à ce que tu aies des problèmes de voix. La solution consiste à bien apprendre à connaître les limites de ta voix. Ce dont elle est capable dépend de trois choses : le développement et le fonctionnement de ta voix, son entraînement et la manière de l’utiliser. Prenons un larynx mal développé qui empêche tes cordes vocales de bien se refermer lorsque tu veux parler ou chanter. Et tu n’as jamais fait d’exercices vocaux. Par ailleurs, tu fais trop d’efforts musculaires pour chanter ou crier. Force est de constater que tu éprouveras rapidement des problèmes de voix. Et tu cries à l’injustice par ce que ton ami est capable de s’époumoner sans problème pendant des jours alors que tu as déjà mal au bout de la deuxième fois. Il s’agit en fait de l’équilibre entre ce dont ta voix est capable (capacité de sollicitation) et ce qu’elle réalise (sollicitation). Cet équilibre doit être stable. Nous pouvons heureusement agir par nous-mêmes de bien des façons. C’est au médecin phoniatre de déterminer ce qu’il faut faire ou peut être fait au niveau de la construction vocale. Mais nous pouvons veiller à maintenir la voix en bonne condition (voir soin de la voix). Le fonctionnement des muscles participant au parler et au chanter gagne en effet à être mieux connu. C’est ce qu’on appelle la technique vocale. Afin de mieux maintenir l’équilibre, il est préférable d’agir avec plus de réserve, d’éviter de solliciter nos capacités vocales jusqu’à l’extrême. Voici la directive : préfère le doux au fort, le court au long, le près au loin. Dans une chorale, il faut naturellement faire ce qui est indiqué sur la partition ou demandé par le chef de chœur. Il écoutera et regardera avec toi si cela ne surcharge pas ta voix.

Mais il n’est pas possible de maintenir ta voix au repos jusqu’à la semaine suivante. Tu parles, ris, cries ou chante aussi à la maison, chez des amis, au club de sport, à l’école. Pas question de garder ta batterie vocale au repos ou de la recharger. C’est pourquoi tu dois garder ces instants vocaux en mémoire lors de ta recherche d’équilibre. C’est l’ensemble de l’équilibre qui compte. Essaie de sentir lorsque tu atteins la limite (mal à la gorge, fatigué de crier, difficultés à parler, voix rauque ou grinçante, impression de sécheresse, perte des sons aigus ou graves) et évites ces moments en accordant plus de repos à ta voix. Pendant la mue (le changement de voix dû à la croissance), la voix est très sensible. Tu grandis en effet si rapidement et si fortement que ton corps tout entier doit jour après jour trouver un nouvel équilibre dans la force, l’agilité, l’endurance et l’aptitude. Cela vaut également pour ta voix. ‘Elle ne se rétablira jamais,’ serais-tu tenté de penser. Et pourtant, même s’il y a des hauts et des bas, la voix devient adulte, fiable et forte. Ta voix te sera redevable de cette habitude de maintenir un bon équilibre jusqu’à un âge avancé.